Le cheveu court, lunettes rondes sur un visage un peu blême, un foulard vert noué autour du cou, Magali Guillemot, ingénieur de 34 ans, a répété à propos de son époux, Jérôme Duchemin, acquitté en première instance: “c’est lui l’assassin c’est lui !”. Se montrant plus volubile que lors du procès à l’issue duquel elle avait été condamnée à 15 ans de réclusion criminelle, en novembre 2000, elle s’est décrite comme quelqu’un de “timide, gentil, absolument pas autoritaire”.

“J’ai toujours été douce avec mon enfant”, a-t-elle encore dit.

Avant cet interrogatoire portant sur son curriculum vitae, cette première journée d’audience a d’abord été consacré au statut de son mari dans ce procès. Acquitté par la cour d’assises des Hauts-de-Seine, Jérôme Duchemin, professeur de musique de 33 ans, s’est vu refuser sa demande de constitution de partie civile, qui l’aurait placé dans une position de victime, lui permettant notamment d’être assisté d’un avocat. Raide, vêtu d’une chemise blanche sous un pull marin, le mari de Magali Guillemot a rejoint la cohorte des témoins dans une salle attenante à celle où se déroule le procès, dont il ne sortira que pour être entendu par la cour. Appelée à se prononcer sur cette demande inédite – c’est la première fois depuis l’instauration d’un appel des verdicts d’assises qu’une personne acquittée dans un procès souhaite ensuite se constituer partie civile – la cour a estimé cette requête “irrecevable”.

Pour Me Paul Lombard, l’un des défenseurs de Magali Guillemot, la constitution de partie civile de M. Duchemin apparaissait comme une “demande incongrue”. “Vous avez un homme qui a bénéficié d’une décision surprenante et cet homme brusquement, alors qu’il avait passé des aveux – et je le prouverai – veut passer du rôle d’accusé à celui de partie civile”, a-t-il plaidé. Pour Me Philippe Lemaire, avocat de M. Duchemin, le fait de se constituer partie civile ne signifiait pas que son client cherche à se transformer “en accusateur” mais qu’il “cherche à savoir ce qui s’est passé”. “Il n’est pas venu pour fausser le jeux judiciaire. Il veut simplement connaître les circonstances de la mort de son fils”, a-t-il dit.

Le représentant du parquet s’était lui aussi montré favorable à cette constitution de partie civile. “Il serait absurde de prévoir une procédure d’appel en matière criminelle et de ne pas permettre aux personnes acquittées au premier procès (…) d’offrir leur parole au débat public en appel”, avait-il estimé. Dans ce dossier marqué par l’absence de preuves contre l’un ou l’autre, les deux parents se sont toujours mutuellement rejeté la responsabilité des coups violents et répétés relevés par les experts sur le corps de l’enfant, décédé à l’âge de 2 mois d’un oedème cérébral, en décembre 1994.

Unique certitude: eux seuls avaient eu la garde du nourrisson pendant les quelques semaines de sa courte vie.

Les débats se poursuivaient dans la soirée avec l’audition des premiers témoins et le verdict sera rendu vendredi.

 

Fusillade de Pau : la piste de l’ETA “à 80%”

L’enquête sur la fusillade de Pau, samedi soir, s’oriente vers la piste de l’ETA.

Le gendarme grièvement blessé par balles, lors d’un contrôle d’alcoolémie, a été opéré. Son état est satisfaisant. L’enquête sur la fusillade au cours de laquelle un gendarme a été grièvement blessé samedi près de Pau s’orientait dimanche “à 80 %” vers la piste de l’organisation séparatiste basque ETA, a indiqué la gendarmerie qui n’exclut pour autant “aucune piste”. Technique et arme utilisées par l’ETA “On suppute que l’on aurait à faire à des membres de l’ETA mais il nous faut des preuves”, a-t-on indiqué au groupement de gendarmerie de Pau. La fourgonnette blanche dans laquelle se trouvait le tireur était dotée de fausses plaques, une technique “utilisée par l’ETA ou le grand banditisme”, a-t-on indiqué de même source.

“Un hélicoptère ratisse la zone depuis le début de l’après-midi” et “tous les gendarmes du département et des départements limitrophes restent mobilisés” afin de retrouver la fourgonnette et le tireur qui a pris la fuite, selon la gendarmerie. Le Plan Epervier avait été levé samedi en début de soirée. L’auteur des coups de feu “pourrait se trouver encore dans la zone et s’être dissimulé”, a-t-on précisé de même source. La section de recherches de la gendarmerie de Pau a été chargée de l’enquête. Au total, treize douilles ont été retrouvées sur place “mais il reste à déterminer combien appartiennent à l’agresseur et combien appartiennent au gendarme dans l’hypothèse où ce dernier a pu riposter”, a indiqué la gendarmerie.

Les gendarmes attendent un avis médical favorable afin de pouvoir interroger leur collègue, hospitalisé à Pau. La majorité des douilles retrouvées sur place proviennent d’un 9 mm parabellum, une arme fréquemment utilisée par les commandos de l’ETA lors de leurs opérations en Espagne.

Etat satisfaisant pour le gendarme blessé

Samedi après-midi, une fourgonnette blanche avec deux hommes à bord a refusé de s’arrêter pour un contrôle d’alcoolémie, forçant le barrage installé par une patrouille de gendarmes près de l’aéroport de Pau. Le véhicule a été pris en chasse par deux motards. Après avoir semé un de ses poursuivants, la fourgonnette s’est arrêtée sur une route de rase campagne, dans la commune de Sauvagnon, à une quinzaine de km au nord de Pau. Quand le gendarme s’est approché, le conducteur a ouvert le feu sur lui à bout portant et l’a touché de trois balles. Le gendarme Bernard Carrau, 46 ans, marié et père de cinq enfants, a été touché à l’abdomen, au bras et à l’épaule, il souffre aussi d’une blessure à la main. Opéré samedi soir, il se trouvait dimanche dans un état satisfaisant, aucun organe vital n’ayant été touché.

Six personnes arrêtées à Boulogne pour pédophilie

Six personnes ont été mises en examen et écrouées vendredi par un juge de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), portant à quinze le nombre de placements en détention après le démantèlement d’un réseau de pédophilie franco-belge.

Les six suspects concernés par le deuxième volet de l’enquête ont tous été mis en examen pour viols et agressions sexuelles aggravés, deux d’entre eux – des Français installés en Belgique – se voyant également reprochés la réalisation d’images à caractère pornographique avec des mineurs.

L’enquête avait déjà abouti à dix mises en examen dont celles des parents des victimes. Neuf de ces suspects avaient été écroués, certains étant également poursuivis pour proxénétisme aggravé.

Monoprix s’offre Bill Clinton

Bill Clinton chez Monoprix ? Non, ce n’est pas une blague.

Attention cependant : si les fidèles clients des supermarchés de l’enseigne espèrent rencontrer en chair et en os l’ancien président américain dans les rayons, ils risquent vite de déchanter. Il n’est absolument pas question pour lui d’assurer la promotion des produits-maison sur le terrain. Il s’agissait simplement de venir vanter les mérites du “développement durable”, dont Monoprix s’autoproclame la figure de proue. L’opération –restée secrète- a eu lieu mercredi lors d’un colloque interne de Monoprix organisé au grand amphithéâtre Léonard de Vinci, au CNIT de la Défense.

Environ 1 000 VIP du groupe -principalement des fournisseurs et des cadres supérieurs- ont ainsi pu écouter le savoir dispensé par Bill Clinton.

900 000 francs la demi-heure

Le journal Le Monde, dans son édition datée de vendredi, révèle que l’ex-locataire du Bureau Ovale a souhaité la création d’un monde durable, des pays solidaires et non concurrents. Il a également regretté l’attitude de son successeur à la Maison Blanche sur les accords de Kyoto et le changement climatique. Bref, un beau discours plein de bonnes intentions. En guise de remerciement, le président de Monoprix, Philippe Houzé, lui a remis une mouette en bronze, couleur “mazout”, “en souvenir de la catastrophe de l’Erika “. Le montant du chèque correspondant aux honoraires réclamés par Bill Clinton est quant à lui resté secret. On imagine cependant que les Galaries Lafayettes, propriétaires de Monoprix, ont dû mettre la main à la poche. Selon certaines fuites, le mari d’Hillary n’hésiterait pas à demander jusqu’à 900 000 francs par demi-heure lors de ses conférences, données un peu partout dans le monde. Pour Monoprix, il a parlé quarante minutes…