En FRANCE
20 novembre 2001 : États généraux de la protection de l’enfance sous la présidence de Mme ROYAL, ministre délégué à la famille, à l’Enfance et aux Personnes handicapées.

Dans le MONDE
20 novembre 2001 : La JOURNÉE MONDIALE DE L’ENFANT est un événement spécial pour honorer et respecter les enfants et les jeunes. Cette date commémore l’adoption par les Nations Unies de deux documents axés sur les enfants et leurs droits humains: La Déclaration des Nations Unies sur les Droits de l’Enfant, le 20 novembre, 1959, et la Convention des Nations Unies sur les Droits de l’Enfant le 20 novembre, 1989.

FOCUS SUR
La maltraitance des enfants

Les mauvais traitements à enfants sont un phénomène social depuis des siècles. Maltraitance dont on commence seulement à entrevoir l’ampleur, et ceci alors même que la notification des cas cliniques a débuté il y a une trentaine d’années. Ainsi donc, la maltraitance à enfant n’est pas un phénomène récent, même si c’est aujourd’hui que l’on en parle le plus. C’est la prise de conscience de ce problème, le déliement des langues, la médiatisation de certaines affaires et l’élaboration de textes législatifs (convention des droits de l’enfant par exemple) qui, petit à petit, transforment notre perception.

Les chiffres

D’après l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les mauvais traitements infligés aux enfants constituent désormais un problème majeur de santé publique partout dans le monde.
Une estimation récente de l’OMS montre que dans le monde, 40 000 000 enfants âgés de 0 à 14 ans souffrent de mauvais traitements et de défaut de soins et ont besoin de prestations sanitaires et sociales.

Plusieurs études internationales différentes conduites dans 19 pays (en Afrique du Sud, en Suède, en République Dominicaine notamment) font état de taux de sévices sexuels allant de 7 à 34% pour les filles et de 3 à 29% pour les garçons.
D’après des études menées aux Etats-Unis d’Amérique, en Finlande et en République de Corée, 5 à 10 % des enfants de ces pays subissent des violences physiques pendant leur enfance.

Et la France ? En France, près de nous, chaque année, plus de 65 000 enfants sont maltraités. Deux en meurent chaque jour !

Faisons table rase des idées fausses

– La maltraitance est un phénomène rare :
une fille sur 8 et un garçon sur 10 sont victimes d’abus sexuels avant d’avoir atteint leur majorité

– L’agresseur est inconnu :
dans 60% des cas, la victime connaît son agresseur, que ce soit un parent, un ami de la famille ou un voisin. Seulement 3% des agressions sont commises par des femmes. – L’agresseur est brutal : en général, elle ne comporte aucune violence physique. L’agresseur utilise plus la persuasion, les menaces ou la corruption.

– L’agression n’est pas répétée :
dans 4 cas sur 10, l’enfant est victime d’agressions répétées. Comme l’agresseur le convainc la plupart du temps de garder le silence sur leur relation, cet état de fait peut continuer jusqu’à l’adolescence.

– L’agression se produit à l’extérieur :
elle a très souvent lieu dans un environnement familier à l’enfant, dans sa propre maison ou dans celle d’un parent ou d’un ami de la famille.

– Les enfants affabulent :
c’est extrêmement rare chez les jeunes enfants, ils savent que le mensonge leur apportera plus d’ennuis que d’aide. Quand l’enfant ment, c’est au contraire pour se sortir des ennuis, pas pour y plonger.

 

La journée mondiale de l’enfance – 20 nov. 2001

La maltraitance : définition

L’approche historique du concept de maltraitance est étroitement liée à l’évolution dans le temps de la conception de l’enfant. Il est assez facile de résumer cette évolution. Au moyen âge, il n’existe pas de particularité infantile ; l’enfant est en quelque sorte considéré comme un adulte un peu limité en taille, en force physique, ce qui ne l’empêche pas de participer aux lourds travaux des champs et aux guerres. Au XVIIème siècle, l’enfant est un sujet à modeler. Au XVIIIème siècle apparaît la conception de l’enfant en tant que personne. Le XIXème siècle et son industrialisation est aussi un siècle d’importante mortalité infantile. Ce qui a sans doute pour effet de provoquer les débuts de la protection de l’enfant. Les lois fondamentales sur l’instruction publique de 1881 ouvrant droit à l’éducation pour les enfants seront vite suivies dès 1889 d’un cadre législatif de protection. En fait, le droit de correction paternel perdurera jusqu’en 1935. Ce droit illustre de manière concrète les conceptions dominantes de l’enfant dans l’Histoire de notre Société. Son abrogation facilitera ensuite l’émergence du concept de maltraitance.

Pour obtenir une définition claire de la maltraitance ou des différentes formes de violences commises sur les enfants, il faut attendre le sommet de Stockholm, en août 1996. Après bien des débats, l’assemblée des spécialistes mondiaux de l’enfance déterminent trois sortes de violences :

1) Les violences physiques
2) Les violences sexuelles
3) Les violences psychologiques
Il faut ajouter la négligence, caractérisée par l’absence partielle ou totale de soins.